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Allocougar
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56% des hommes et 53% des femmes ayant utilisé une application de rencontre ont déjà vécu un ghosting, cette rupture de contact sans explication, d’après une enquête Ifop menée en 2018 auprès de 2523 personnes de 18 ans et plus. L’annulation de dernière minute reste distincte du ghosting. Elle appartient tout de même à la même famille de comportements de retrait. Une annulation isolée relève souvent d’un imprévu réel. Un empêchement qui revient après chaque moment de rapprochement révèle presque toujours une stratégie de désactivation propre à l’attachement évitant : plus la relation se resserre, plus la personne prend ses distances pour réduire une anxiété qu’elle ne nomme jamais. Les mécanismes en jeu sont vérifiables et donnent des pistes d’action concrètes, sans volonté de séduire ni de juger qui que ce soit.

Une annulation qui revient : attachement évitant ou désorganisation réelle ?

Deux hypothèses se disputent la même observation. La première vient de la psychologie de l’attachement telle que Hazan et Shaver l’ont posée dès 1987 : les styles développés dans l’enfance (sécure, évitant, anxieux-ambivalent) se rejouent à l’âge adulte dans les relations amoureuses. Une personne à l’attachement évitant perçoit la proximité affective comme une menace. Elle redoute d’être absorbée par la relation plus que d’être quittée. La seconde hypothèse est plus banale : un agenda saturé, une garde alternée qui complique chaque planification. Un métier aux horaires imprévisibles produit le même effet. Les deux se ressemblent de l’extérieur. Elles ne se distinguent que par un critère : le moment où l’annulation survient. Après une soirée réussie ou un échange plus intime, une annulation qui suit dans les jours qui suivent pointe vers un mécanisme d’évitement. Une annulation qui survient sans lien avec le degré de rapprochement, à intervalles irréguliers, pointe davantage vers une contrainte logistique.

Ce que la proximité déclenche chez une personne à l’attachement évitant

Face à une proximité émotionnelle croissante, le système d’attachement évitant déclenche une prise de distance protectrice, selon la synthèse des travaux de Mario Mikulincer et Phillip Shaver sur les stratégies dites de désactivation dans l’attachement adulte.

Le mécanisme suit toujours la même séquence. Un rendez-vous se passe bien, l’échange devient plus personnel. Une confidence est même partagée. Le système d’attachement s’active alors chez l’autre, avec un effet inverse à celui recherché : au lieu de rapprocher, il alerte. Les messages s’espacent. Le délai avant un nouveau contact dépasse rarement une dizaine de jours. Le prochain rendez-vous est annulé, souvent avec une excuse plausible mais vague. Puis, une fois la distance rétablie, la personne redevient chaleureuse, parfois même plus présente qu’avant. Ce cycle approche-retrait relève rarement d’un calcul conscient, même si la personne qui le vit peine souvent à l’expliquer avec des mots précis. Il s’agit d’une régulation émotionnelle automatique, déclenchée par un signal de danger perçu plutôt que par une intention de nuire. La distinction compte. Elle oriente la réponse à apporter face au signal observé.

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Trois profils qui annulent, trois significations différentes

Un tableau aide à trancher là où l’observation seule laisse planer le doute. Les trois profils ci-dessous se croisent régulièrement sur les applications de rencontre fréquentées par un public de 35 à 55 ans (Meetic, DisonsDemain). Le moment où l’excuse tombe compte davantage que son contenu.

Critère observé Attachement évitant activé Ambivalence anxieuse Désorganisation réelle
Moment de l’annulation Après un rapprochement fort (confidence, nuit passée ensemble) Après une déclaration d’intérêt ou un mot d’affection Sans lien avec le degré d’intimité de l’échange
Comportement dans les jours suivants Redevient chaleureux, parfois plus présent qu’avant Relance très vite, s’excuse longuement, sur-explique Propose un autre créneau proche, sans dramatiser
Ce que ça révèle probablement Besoin de reprendre le contrôle émotionnel Peur de l’abandon qui cohabite avec la peur d’être englouti Contrainte logistique réelle (garde d’enfants, travail, déplacements)

Les réactions qui aggravent la situation

« Les hommes de mon âge cherchent une femme de 35 ans, j’en ai marre » : cette lassitude revient souvent quand une annulation de plus tombe sur un rendez-vous attendu. Trois réflexes aggravent pourtant la situation. Multiplier les messages renforce le sentiment de menace chez une personne évitante, qui se retire davantage. Minimiser sa propre frustration entretient le flou. Répondre par un ghosting symétrique ferme la porte à toute clarification. Ça n’aide personne. Le seul réflexe qui fonctionne consiste à nommer calmement l’observation, sans reproche : constater le motif plutôt que juger la personne.

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Nommer les intentions plutôt que deviner le comportement

Le slow dating propose une alternative simple : ralentir le rythme des rencontres pour observer les comportements sur la durée, plutôt qu’en une seule soirée. Concrètement, cela veut dire poser une question directe après la deuxième annulation : le degré d’engagement recherché vise-t-il l’exclusivité ou une relation plus ouverte ? Des intentions claires énoncées tôt évitent des mois d’interprétation. Une personne qui refuse de répondre à cette question ou qui la contourne donne déjà une réponse par son silence.

Ce qu’il faut faire selon votre situation

La réponse dépend du contexte de la rencontre et du profil en face. Pour une première rencontre post-divorce après 40 ans, l’enjeu principal est de préserver son indépendance affective plutôt que de courir après une réassurance permanente : trois annulations liées à un rapprochement, sans jamais de proposition de recréneautage, suffisent à documenter le schéma sans attendre une confirmation supplémentaire. Pour une rencontre avec écart d’âge côté plus jeune, curieux d’un lifestyle quadra ou quinqua différent du dating classique, la vigilance porte plutôt sur la cohérence entre les mots et les actes : quelqu’un qui parle d’exclusivité tout en annulant systématiquement après chaque avancée relationnelle envoie un signal contradictoire qu’aucune discussion ne résoudra seule. Compter le nombre d’annulations sur les cinq dernières invitations donne une mesure plus fiable qu’une impression isolée. En dessous d’une sur cinq, le hasard reste l’explication la plus probable. Au-dessus de deux sur cinq, la régularité devient le signal à prendre au sérieux, bien plus que les excuses avancées. Dans les deux cas, la contrainte logistique réelle (enfants, travail, distance) mérite d’être vérifiée avant toute conclusion : un décalage d’horaires n’a jamais signé un attachement évitant. Si le mécanisme installe une fatigue ou une souffrance durable côté attente, un accompagnement par un psychologue spécialisé en attachement reste la ressource la plus fiable pour trancher au cas par cas.

Observez le moment précis de ses trois prochaines annulations avant de conclure sur son attachement.

Carol Guola

Author Carol Guola

Je suis Carol Guola, spécialiste des relations homme-femme et grande observatrice des jeux de séduction. J’analyse, je décortique, je provoque parfois, mais toujours avec bienveillance. Derrière chaque interaction, j’aime révéler ce qui se joue vraiment. Mon moteur : comprendre comment on s’attire, comment on se perd… et comment on se retrouve.